L'Occitanisme

12 février 2016

croix occitan luchon

Il n'est pas inadéquat de connaître les origines de cette idéologie et l'argumentation qui lui a permis de séduire un assez grand nombre de sympathisants.

LES LANGUES DE NOS AÏEUX.

Les occitanistes prétendent qu'avant le rattachement définitif des provinces méridionales à la France, la langue parlée de Nice à Bordeaux et de Bayonne à Briançon était uniforme. Cette assertion s'appuie sur les écrits des troubadours qui avaient utilisé une graphie commune ; elle avait l'avantage de valoriser leurs œuvres, certes dignes d'intérêt, auprès de leurs auditeurs. Ceux-ci étaient principalement les grands seigneurs, possesseurs de fiefs, qui les accueillaient dans une ambiance festive, entourés d'une assemblée de courtisans, de personnel administratif ou militaires dévoués à leur service. Ainsi choyés, ils constituaient une coterie de privilégiés.

Au contraire, la grande majorité de la population survivait en travaillant la terre, en conduisant leur maigre bétail dans des pâturages, en prenant soin de lui dans leurs étables, restant soumis aux aléas des caprices de la nature et aux angoisses face aux maladies.

Mais les hommes et les femmes de ce menu peuple se regroupaient en villages plus faciles à défendre et où la solidarité était plus aisée à s'exercer. Et, dans chacun d'eux, se parlait une langue appelée latin populaire, plus ou moins altérée par rapport au latin classique. Comme partout dans le monde, ces langues ont évolué, insensiblement mais pendant sept siècles, au gré des seuls locuteurs, et nous ont été transmises par nos aïeux dans une morphologie et une grammaire que notre génération a pu entendre.

C'est ainsi que dans le pays de Luchon, trois langues ont été

distinguées : celle du vallon, y compris Sode, Gouaux-de-Luchon et Cazarilh, celle du Larboust et de la vallée d'Oueil, et, enfin, celle d'Artigue, proche de celle de l'aranais du village de Bausen, accroché sur le versant oriental de leur montagne.

Bernard Sarrieu, toujours animé par une exigence de vérité, notamment en œuvrant pour leur connaissance et leur maintien avec toutes leurs particularités, a mis au point, après quelques années d'expérimentations, une graphie élégante qui garantit à peu près la fidélité à la prononciation de chacune d'entre elles.

Ainsi, pour les trois langues du pays de Luchon, pour le mot français

« jour », il écrira « diô » pour le vallon, « diâ » pour les hautes vallées et « dîa » pour Artigue où ce mot est prononcé « dî-a » en deux syllabes, l'accent indiquant la voyelle tonique.

L'action de Bernard Sarrieu pour la mise en valeur des langues locales au sein de l'Escolo deras Pirenéos, association qu'il a fondée en 1904 et qu'il a présidée jusqu'à sa mort en 1935, a été appréciée par les plus hautes personnalités la République Française, son Président Paul Doumer et son ministre de l'Intérieur Albert Mahieu. C'est sous leur autorité qu'a été décrétée le 5 mars 1932, la reconnaissance comme établissement d'utilité publique de « l'association dite Ecole des Pyrénées (Escolo deras Pirenéos ) ».

Les responsables politiques de cette époque avaient bien une exacte connaissance des véritables langues en usage dans le peuple souverain. Ils n'ont pas manqué à leurs devoirs en encourageant leur maintien dans le patrimoine de chacun de leurs terroirs.

Malheureusement aujourd'hui, l'argent public est généreusement dilapidé en faveur des partisans de langues qualifiées  scandaleusement de « régionales », militants constitués solidement en groupes de pression.

LES OCCITANISTES.

En écoutant l'émission en langue qualifiée de « régionale » sur la chaine FR3 de la Télévision Française, nous entendons souvent les mots « occitanie » et « occitan ».

Répétés à satiété, il n'est pas étonnant que beaucoup ont fini par les accepter sans s'être donné la peine d'en vérifier le bien-fondé. Pourtant, ni l'un ni l'autre, ne méritent une telle promotion.

L'OCCITANIE.

Ce terme est censé désigner le midi de la France, hormis le pays basque, le Roussillon et la Corse, mais avec le val d'Aran espagnol et quelques vallées alpestres du Piémont italien.

Deux ouvrages parus aux éditions de l'Astrado à Toulon, « Procès de l'occitanisme » et «  Vers le démantèlement de la France », nous éclairent par une argumentation bien fondée et dont voici quelques éléments essentiels :

Sous sa forme latine « Occitania », ce mot se rencontre pour la première fois en 1270, créé par l'administration royale française pour désigner le Languedoc récemment soumis, et le Languedoc, seul. Il n'a jamais été étendu à d'autres provinces et les languedociens eux-mêmes, qui y voyaient la marque de leur défaite, ne l'ont jamais utilisé. D'ailleurs, ce mot n'a pas été retrouvé dans l'œuvre poétique des troubadours, tant vantée par les occitanistes pour étayer leurs thèses.

Ce mot latin, « occitania » a été francisé au XIXème siècle pour obtenir « occitanie » en contradiction avec les règles de l'adaptation des mots latins au français qui auraient donné « occitaine «  comme « aquitania » a produit «aquitaine ».

Dans l'histoire, il n'y a jamais eu d'unité des provinces méridionales ni même, semble-t-il, d'idée de rapprochement pour sacrer un roi, un prince ou un comte.

L'OCCITAN.

Ce mot, d'après le dictionnaire Robert, Edition de 1976, a été créé au XXe siècle.

Et pourtant, il nous est affirmé avec assurance, que tout le midi de la France parlait cette langue, dès le XIIIe siècle.

Comment pouvons-nous le croire, sur un territoire aussi étendu et qui n'a jamais eu d'unité politique. Pensons à l'effort gigantesque accompli par la IIIe République pour que chaque habitant de notre pays parle le français. A-t-il existé, auparavant, une école dans chaque village, avec, au moins, un instituteur formé pour cette tâche et assez motivé comme l'ont été les « hussards de la République » ?

Vraiment, la tromperie est énorme.

Quelques voix se sont fait entendre pour bannir ce terme de notre langue nationale.

Alfred Jeanroy, de l'Institut, professeur à la Sorbonne et auteur d'une anthologie des troubadours des XIIe et XIIIe siècles, l'a déclaré

« pédantesque et mal formé ».

Les mots « occitan » et « occitanie » ne figurent pas sur le dictionnaire Quillet Flammarion de mille six cent pages, paru en 1963. Leurs rédacteurs ne les ont donc pas acceptés dans la langue française.

Evitons, nous aussi, de les prononcer et surtout bannissons-les fermement.

Et que nos belles langues, la luchonnaise, honorée par les cent mille vers de Bernard Sarrieu, et celle, savoureuse et si pittoresque, du Larboust et de la vallée d'Oueil, ne soient jamais polluées par ce qui nous est présenté sous le nom d'occitan !

Maurice Sanson.

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1 commentaire

JF Blanc | 21 avril 2017 à 0 h 24 min Répondre

Que d’inexactitudes dans cet article, que de reprises des “pieux” mensonges de l’Astrado, revue animée par des personnes qui par ailleurs ont soutenu des thèses révisionnistes… Le mot occitan apparaît en français dès le XVIe siècle (1556, 1581, textes imprimés). Le majoral Salvat a expliqué clairement pourquoi privilégier occitan à provençal dans les Annales du Midi (1954, en ligne: http://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1954_num_66_27_5998 ). L’éducation nationale donne comme synonymes occitan et langue d’oc. Le reste n’est que mauvaise querelle, et nuit aux efforts pour sauvegarder notre langue, dans toute sa richesse. Era sola pollucion, qu’ei d’escríver en francés.

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