Nos arguments contre l’implantation d’un casino dans les Thermes de Luchon

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Nous Publions ci-dessous l’intégralité du courrier que nous avons adressé le 12 juillet 2017 à Mr le Préfet de la Haute-Garonne (copie à Mme la Sous-Préfète de St-Gaudens).

Ce courrier est long ( 11 pages), il peut paraître fastidieux à lire mais il fallait faire précisément la liste des raisons pour lesquelles nous sommes opposés, comme la majorité de la population luchonnaise, à ce projet, néfaste pour nos Thermes et donc pour Luchon.

La lecture de ce document montre que les raisons objectives et factuelles d’être opposés à ce projet sont nombreuses et bien réelles.

Ce courrier s’accompagne de 17 annexes( plus de 50 pages) . Nous ne les joignons évidemment pas ici, ce serait trop long, par contre nous les mettrons à disposition de tous ceux qui nous en feront la demande.

Tous ensemble continuons la lutte…

 

Objet : Enquête publique sur le Projet municipal d'installation d'un Casino dans le pavillon Chambert de l'Etablissement thermal de Bagnères de Luchon.

 

Monsieur le Préfet,

Comme vous le savez, une enquête publique est actuellement conduite pour le projet en référence.

Nous avons bien évidemment remis nos observations au Commissaire enquêteur mais nous tenons à vous informer directement de notre position, forts des 746 signatures que la pétition, que nous avons organisée à ce sujet, a réuni.

Nous faisons ainsi suite au courrier que nous a adressé votre Directeur de Cabinet, le 28 novembre dernier et joint en annexe.

Depuis plus d'un an, notre association est fermement opposée à ce projet tant sur la forme que sur le fond.

 

           Pour le fond de cette affaire, nous persistons à dire et à croire que toucher à l'intégrité du bâtiment Chambert pour le détourner de sa fonction première est une erreur majeure d'appréciation du potentiel que représente ce bâtiment.

Cette atteinte à l'outil de travail principal de la ville de Luchon est donc inacceptable.

Il nous parait en effet fondamental de réserver cette partie inexploitée du bâtiment à de futures et modernes activités thermales ou para thermales. Luchon a en effet besoin de développer son thermalisme et non de l’amputer, ou du moins d’hypothéquer lourdement cet avenir !

De plus, l'évolution prévisible de la règlementation imposera à l'avenir de séparer le thermalisme médical des activités liées au thermoludisme ou au bien-être, ce qui n'est pas le cas actuellement à Luchon. Il faut donc préserver l'existant pour pouvoir ensuite l'adapter aux règlements futurs.

 

Nous rappelons ici que les statistiques officielles publiées par le Conseil National des Exploitants Thermaux montrent que les thermes de Luchon ont connu une baisse continue de leur fréquentation : soit 9 % de baisse de 2009 à 2016. (cf annexe 1, p. 22)

Par ailleurs on notera que la fréquentation totale des stations thermales françaises est à la hausse de 20.6% durant la même période. (cf annexe 1-  LVA 9, page 23).

Il y a donc un problème de thermalisme à Luchon et ce n'est pas en amputant l'établissement thermal d'une grande partie de sa surface que la tendance baissière de fréquentation va s'inverser !

Il faut préserver au contraire l'avenir du thermalisme à Luchon.

Il s'agit ainsi avec notre opposition à ce projet d'une simple application du principe de gestion en « bon père de famille » des actifs de la ville.

 

Cette opposition à ce projet est d'autant plus fondée que la Ville de Luchon a le privilège de posséder un Casino prestigieux mais inoccupé depuis 2011 et dans lequel des travaux de rénovation importants ont été conduits ces dernières années, pour plusieurs millions d'euros.

Précisons ici que le bâtiment, place Richelieu, où se trouve l'ancien casino a une surface développée de plus de 7.000 m² et qu'il contient, une salle de spectacle opérationnelle (salle Henri Pac), un théâtre qui a réouvert ses portes le 1er juillet 2017, après une coûteuse et longue restauration, une salle de restaurant (actuellement fermée), une discothèque (actuellement fermée)…  et 4 à 5.000m² non utilisés… .

L'incompréhension générale en ce qui concerne le lieu choisi pour le nouveau casino s'explique ainsi largement, d'autant que ce choix d'implantation d'un casino dans les Thermes, dicté par la volonté du seul futur exploitant, impose à la ville de Luchon de s'endetter pour mettre les lieux en état.

Ce projet ne correspond donc qu’aux seuls intérêts économiques du repreneur et non à ceux de la communauté des luchonnais; la municipalité agit ici en aveugle et sans réflexion d’ensemble.

En outre, on verra dans le « business plan » établi par le casinotier (annexe 2) que les chiffres fantaisistes d'exploitation du futur casino, qui ne reposent sur aucune étude sérieuse, font peser de véritables doutes sur la rentabilité réelle de cet investissement, et donc sur sa simple survie.

 

C'est d'ailleurs ce que les 704 signataires de la pétition que nous avons organisée en mai 2016 ont aussi exprimé. (Nous avons remis toutes les signatures originales au commissaire enquêteur)

Cette pétition a été remise en mains propres à M. Y. Laval, adjoint au maire de Luchon par Maître Georgel, huissier de Justice, le 26 mai 2016 (cf. annexe 4).

Nous regrettons de constater, comme les luchonnais d'ailleurs l'ont bien noté, que le maire ait passé sous silence l'existence comme le résultat de cette pétition.

Depuis la clôture de la pétition nous avons encore recueilli 42 signatures contre ce projet ce qui porte le total des signatures à 746. Les originaux ont été joints aux précédents.

Notre objectif, avec cette pétition, était de demander au maire l'organisation d'un référendum d'initiative populaire, l'occasion pour les électeurs luchonnais, véritables propriétaires des Thermes municipaux de leur ville de s'exprimer sur leur devenir, sachant que rien dans le programme électoral 2014 du Maire ne mentionnait cette réaffectation de l'établissement thermal en Casino.

 

         Sur la forme, nos objections concernent les aspects juridiques de cette opération et la santé financière du futur exploitant qui renforcent notre opposition à ce projet, apparemment conduit en aveugle.

Aspects juridiques et administratifs :

–         La recherche de délégation du Casino de Bagnères de Luchon telle qu'elle est publiée au journal officiel le 21 juillet 2015 (annexe 5), précise premièrement que la convention de délégation prendra effet au 1er janvier 2015 !! et que deuxièmement le lieu principal d'exécution de la délégation sera Place Richelieu à Luchon, soit l'adresse de l'ancien casino de la ville.sOr la convention signée en juin 2016 concerne le Pavillon Chambert des Thermes de la ville, et non le bâtiment Place Richelieu !

La convention signée en juin 2016 entre la mairie et la SFC est donc caduque par définition ! Nous soulèverons au besoin ce point devant le Tribunal administratif comme cause de nullité.

–         L'annonce légale de l'enquête publique relative à ce projet d'ouverture de ce casino telle qu'elle a été publiée dans la presse et signée par Mme la Sous-préfète de St-Gaudens (annexe 6) précise qu'il s'agit du renouvellement d'une autorisation d'exploitation des jeux de hasard dans le casino de Luchon.

Or il ne s'agit pas d'un renouvellement, le casino de Luchon étant fermé depuis 2011 et l'emplacement du nouveau casino comme l'exploitant retenu étant nouveaux !

Il s'agit d'une demande de création d'un casino à Luchon.

L'enquête telle qu'elle est annoncée a-t-elle donc seulement une valeur administrative ou légale ?

D'une manière générale, les différentes communications municipales sur ce projet mentionnent une « réouverture des jeux », laissant ainsi s'installer un quiproquo sur le lieu de cette « réouverture ».

On peut ici douter de la sincérité de la communication faite autour de ce projet et donc de la validité de cette enquête publique qui alimente cette confusion.

 

De la même manière, la lettre adressée par la SFC au ministre de l'Intérieur, en date du 23 janvier 2017 (et non septembre 2016 !) expose que « la ville de Bagnères de Luchon a souhaité voir réouvrir son casino » !

La même requête de « réouverture » est exposée dans le dossier de demande d'autorisation des Jeux.

Répétons ici qu'il s'agit d'une création « nouvelle » d'un casino.

 

–         Nous remarquons que le marché de maîtrise d'œuvre relatif à la réhabilitation d'un bâtiment des thermes pour l'implantation d'un casino à Luchon a été signé avant même que la D.S.P. relative à ce marché ne l'ait été ! (cf annexe 7)

Nous nous posons donc des questions en ce qui concerne le bon déroulement des opérations et le respect des procédures.

 

–         Nous nous questionnons sur la démarche administrative suivante : ne faut-il pas d'abord faire établir administrativement une désaffectation de l'établissement thermal avant de pouvoir le requalifier et l'exploiter en Casino ?

 

–         Nous demanderons aux autorités compétentes (A.R.S.) de conduire une étude d'impact de santé publique afin que les Thermes Chambert, ensemble de bâtiments consacrés au thermalisme médical, soient habilités ou non à accueillir dans leur enceinte un casino, un restaurant et un bar de nuit.

 

–         La D.S.P signée en juin 2016 par la SFC et la Mairie indique :

  1. a) « La mairie est propriétaire d'un bâtiment ayant précédemment eu pour destination l'exploitation d'un casino de jeux ».

A notre connaissance, ce n'est pas le cas pour les thermes de Luchon, lieu finalement retenu pour le nouveau casino !

  1. b) « …la mise en œuvre de cette politique dynamique devra reposer sur une prestation… et assurer les services suivants :

              L'exploitation de machines à sous et des « Grands Jeux »,…

              L'exploitation d'une discothèque et/ou d'un bar de nuit.

D'après nos informations, aucun de ces deux éléments soulignés ci-dessus ne fait partie du projet qui sera finalement retenu.

Il y a donc tromperie volontaire du public amené à se prononcer sur la l'opportunité de cette opération puisque le projet sur lequel ce même public est appelé à se prononcer ne peut simplement pas être financé, comme nous le démontrons plus loin en comparant la taille du projet à réaliser (1 500 m²) au budget qui lui est alloué (1 million d'euros) !

Le projet tel qu'il sera finalement réalisé (faute de finances suffisantes) ne remplit donc pas le cahier des charges auquel se sont engagées la SFC et la Mairie de Luchon.

Qui assurera in-fine le contrôle du bon respect des engagements souscrits par les deux parties ?

 

–         La distance entre le futur bar de nuit et le futur restaurant habilité à servir de l'alcool est inférieure à 50 mètres d'un établissement recevant des enfants : le centre thermal ORL et la piscine des Thermes.

Il y a là une incompatibilité majeure.

 

–         La distance entre le futur casino et le plus proche hôpital (centre de rééducation fonctionnelle de Luchon) est inférieure à 100 mètres.

Il y a là une incompatibilité majeure.

 

–         Nous relevons des conflits de cohabitation entre les différentes activités qui seront conduites dans une même structure :

  • Thermalisme ORL
  • Casino
  • Restaurant
  • Piscine.

Pour des questions de sécurité et de respect des normes en vigueur, combien de personnes seront-elles autorisées à pénétrer en même temps dans le casino /restaurant, comme dans le bâtiment thermal dans son entier ?

Nous ne trouvons pas trace d'analyse des problèmes de sécurité et sanitaires qu'il faut résoudre pour faire fonctionner ce montage complexe.

De plus à ce jour, le permis de construire n'a pas été déposé, cet aspect du respect des normes de sécurité et sanitaires n'a donc pas été traité !

 

Santé financière du futur exploitant.

La Société Française de Casinos (SFC) a été placée en redressement judiciaire en 2011.

Elle est sous plan de continuation judicaire depuis cette date.

La SFC elle-même, en avril 2015, dans sa demande de modification du plan de redressement qu'elle adresse au Tribunal de Commerce de Paris écrit :

« … les prévisions actualisées de SFC laissent en effet apparaître que la société ne pourra pas passer l'année 2017 ».  (cf annexe 8, page 4)

La demande de modification de ce plan n'a pas été acceptée par le tribunal de Commerce de Paris en octobre 2015.

 

L'année 2016 a été cruciale pour la survie de la SFC car cette dernière n'a pas pu honorer un paiement de passif de 890.000 euros tel qu'il était prévu dans le plan de continuation judiciaire. (cf annexe 9 – jugement du tribunal de Commerce de Paris du 9 mars 2017). L'un des créanciers a donc demandé la résolution de ce plan.

En 2017 elle devra honorer un paiement supplémentaire de 1.113.000 euros.

Le plan de continuation vient d'être prolongé d'un an…

 

La SFC elle-même émet des doutes sur sa possibilité d'honorer ses engagements et donc sur sa survie à court terme. (cf annexe 8 – demande de la SFC auprès du Tribunal de Commerce de Paris Octobre 2015).

Quand bien même, la SFC exagérerait sa faiblesse pour apitoyer un tribunal de Commerce, c'est pour le moins préoccupant…

Le Conseil Municipal a été informé que la filiale qui sera créée par la SFC pour exploiter ce futur casino sera capitalisée à hauteur de 100.000 euros seulement. (cf annexe 2 – « Business plan » prévisionnel de la SFC pour la filiale de Luchon).

Or la première année d'exploitation fait apparaître dans le « business plan » établi par la SFC un résultat opérationnel en perte de 231.797 euros ainsi qu'une perte de 92.218 euros pour la seconde année d'exploitation : la filiale sera donc déjà en faillite avant la fin de la première année d'exploitation…

Le capital social de cette future filiale ne lui permettra donc pas de survivre à la première année d'exploitation à moins d'être à nouveau fortement capitalisée par la Holding… ce qui va sans doute augmenter encore les problèmes financiers de cette dernière….

Or rien n'est annoncé en ce sens dans le bilan 2016 de la SFC publié le 27 mai 2017.

 

De plus, « l'investissement » de 1 million d'euros tel qu'il est mentionné dans le prévisionnel de la filiale sera fait par la SFC et non par la filiale, cet investissement n'est constitué que d'un apport en matériel (machines à sous principalement) et restera dans tous les cas de figure la pleine propriété de la Holding et non de la filiale.

 

Quelques chiffres qui sont issus des bilans de la SFC, expliqueront pourquoi notre opposition à ce projet tel qu'il est construit, ne peut être que totale :

– Résultat net 2016 : perte de 1.268.000 euros

– Résultat net 2015 : perte de 2.340.000 euros

– Résultat net 2014 : profit de 1.800.000 euros, réalisé grâce à la vente d'une filiale pour un montant de 2.620.000 euros : sans cette vente exceptionnelle le résultat net aurait été une perte de 870.000 euros.

– Entre 2011 et 2016, le nombre d'employés de la SFC est passé de 25 à 5.

– La perte de 2015 a entraîné une baisse des capitaux propres de la SFC, ils sont désormais de 14.000.000 euros, soit l'équivalent des dettes de la société telles qu'elles sont inscrites à son bilan. C'est à dire que la SFC ne peut plus se permettre une autre perte d'exploitation sans se trouver en état de faillite virtuelle.

Il est aisé de vérifier que dans le dernier bilan disponible, celui de 2016, la trésorerie de la SFC n'est pas suffisante pour réaliser les investissements annoncés par cette dernière pour Luchon (plus de 1.6 millions d'euros d'après les dernières déclarations publiques de M. le Maire dans la presse locale).

Comment ce projet sera-t-il donc financé ?

 

Malgré l'apparente faiblesse financière de la SFC la Municipalité de Luchon accepte que la SFC se porte en garantie de l'emprunt communal de 1 million d'euros qui sera effectué pour financer les travaux de mise en état du pavillon Chambert.

Quelle est la valeur de cette garantie et est-ce raisonnable financièrement parlant ?

 

Il est donc moins que certain que le délégataire présente toutes les garanties prévues dans le cahier des charges, en particulier financières.

 

Nous rappelons ici que l'endettement de la ville de Luchon atteint désormais plus de 12 millions d'euros (au minimum de nos connaissances actuelles sur les divers engagements pris par la ville – Superbagnères, Thermes et commune) (cf annexe 10)

Cette opération d'implantation d'un casino qui génère un emprunt d'un million d'euros aggrave donc l'état d'endettement de la ville ; endettement déjà à la limite du supportable et qu'il faudra gérer dans l'avenir, ce qui ajoute à l'inquiétude de la population.

La Ville de Luchon a déjà été placée dans le passé sous tutelle préfectorale…

 

Aucune étude d'impact ou économique sérieuse n'a été réalisée sur les retombées économiques pour la ville d'une telle opération (emplois créés, loyers ou taxes, développement touristique attendu, …).

L'étude d'impact présentée dans le projet n'est qu'une simple compilation de données chiffrées sans qu'aucun raisonnement n'y soit appliqué, doublée d'une liste de vœux pieux et d'affirmations non étayées.

On peut donc douter du sérieux des chiffres annoncés dans le prévisionnel de la filiale luchonnaise de la SFC (voir annexe 2).

Dans cette étude de nombreux éléments semblent avoir été minorés :

Dépopulation du canton, baisse de fréquentation touristique, difficultés de communication (suppression de la ligne SNCF), concurrence des casinos existants, surestimation du marché espagnol, concurrence des jeux en ligne, clientèle thermale de retraités désargentés.

Globalement nous remarquons l'indigence des documents mis à la disposition du public.

Nous rappelons que les chiffres officiels disponibles indiquent tous que le marché national des jeux de casino est à la peine et que c'est dans ce contexte pessimiste que la SFC va devoir évoluer, à Luchon comme dans ses autres établissements.

C'est d'ailleurs ce que confirme l'étude du cabinet « Atouts » dans sa présentation annexée au dossier d'enquête : le chiffre d'affaires des 10 casinos impactés par la future ouverture est en diminution constante sur les 5 dernières années :

– 5.5% entre 2011 et 2012,

– 5.2 % entre 2012 et 2013

– 6.5% entre 2013 et 2014

– 1.8% entre 2014 et 2015.

 

Les Résultats cumulés de ces 10 casinos sont aussi orientés à la baisse dans la même période :

-21% entre 2011 et 2012,

 – 9% entre 2012 et 2013

-22% entre 2013 et 2014.

Les chiffres 2015 ne sont pas indiqués dans l'étude jointe au dossier d'enquête.

 

Dans les comptes prévisionnels 2017 et 2018 de la SFC, il est probable que l'exploitation du futur casino de Luchon soit déjà prise en compte ! Or il est certain que ce Casino, s'il voit jamais le jour, ne pourra entrer en activité qu'en 2018/2019.

Quel est le prévisionnel d'exploitation retenu dans les comptes de la SFC pour l'exploitation du casino de Luchon ?

A partir de quelle date ce prévisionnel intègre-t-il Luchon ?

Les prévisions de la SFC sont-elles cohérentes avec les pertes estimées dans le business plan de la future filiale ?

 

En ce qui concerne le casino de Collioure, repris à 100% par la SFC, lui aussi en redressement judiciaire, le montant du passif que la SFC devra inscrire à son bilan aurait dû être connu en fin d'année 2016. Pour l'instant, comme le dit elle-même la SFC, dans l'inconnu sur ce point, ce montant est inscrit au bilan à son niveau le plus bas.

Or, on parle ici d'un passif estimé à plusieurs millions d'euros…

A ce jour, en juin 2017, aucun chiffre ne vient éclairer cet engagement de la SFC .

Ne faut-il pas, par prudence en savoir davantage à ce sujet avant d'engager ainsi les finances de la ville ?

 

En juin 2016, le Bureau Européen d'Informations Civiles et Commerciales (B.E.I.C) analysait à notre demande les bilans disponibles de la SFC : Son avis est négatif. (Etude disponible cf annexe 11)

 

Dans son dernier bilan 2016, page 53, la SFC fait état d'une demande de réouverture des jeux déposée en septembre 2016. Or le 28 novembre 2016 Mr le Préfet de la Haute-Garonne nous informe qu'aucune demande d'ouverture des jeux à Luchon n'est parvenue dans ses services… (cf annexe 12)

La SFC communique donc de fausses informations dans son bilan d'activités.

Comme nous l'avons souligné plus haut, la lettre de demande d'ouverture des Jeux est datée du 23 janvier 2017.

 

Nous rappelons que lors du Conseil Municipal du 3 juin 2016 le maire a affirmé que le coût de ce projet serait au maximum de 1 million d'euros TTC. Engagement repris dans divers communiqués de presse, conseils municipaux et réunions publiques.

Cette somme sera empruntée par la ville et ensuite garantie par la SFC (nous rappelons encore que le montant des capitaux propres de cette société couvre en l'état à peine ses dettes existantes…).

Nous doutons donc de la valeur de cette garantie

 

C'est sur cette base d'un million d'euros d'investissement communal que ce projet a été voté par les conseillers municipaux.

En Conseil Municipal, en mai 2016, la surface totale du projet a été annoncée comme supérieure à 1000 m² sur deux niveaux, en fait elle dépasse les 1500 m². (cf annexe 13)

Le projet présenté aujourd'hui ne peut pas correspondre à un budget de 1 million d'euros : aucun architecte ne peut envisager sérieusement de transformer 1500 m² de bâtiments thermaux vétustes en casino pour 1 million d'euros.

 

Le projet présenté n'est donc pas sincère ni surtout conforme à ce qui sera réalisé.

 

Si donc le projet qui sera finalement réalisé avec seulement un million d'euros d'investissement ne correspond pas au projet présenté, le vote communal est-il toujours valable ?

Ce ne serait plus le même projet ni surtout les mêmes raisonnements économiques qui le sous-tendent.

 

Remarquons enfin, malgré l'engagement public du maire de rester dans le budget d'un million d'euros, qu'aucun devis n'est disponible !

D'autant que nous savons que prés de 200.000 euros ont déjà été engagés en frais d'études et d'architectes…..

 

Enfin, le pavillon Chambert concerné par ce projet est classé aux Monuments historiques pour ses peintures murales et il se trouve lui-même dans la Z.P.P.A.U.P. de la ville.

La création ab initio d'un casino, d'un bar de nuit et/ou d'un restaurant dans le pavillon Chambert provoquera nécessairement, ne serait-ce que pour respecter les normes de sécurité en vigueur, les modifications suivantes :

–         la création d'ouvertures et de cheminées d'évacuation en façade comme en toiture,

–         la création de portes d'entrées et des sorties de secours,

–         la création d'un parking,

–         l'implantation d'une terrasse extérieure (suivant le projet),

–         la pose d'enseignes lumineuses,

–         et bien d'autres impacts trop longs à lister ici.

 

Le permis de construire n'étant pas encore déposé, il n'y aucune certitude que M. l'architecte des Bâtiments de France donne un avis favorable à cette opération.

 

A la lecture des documents suivants :

–         Courriers à M. le Maire de Luchon du 30 août 2016, 20 juin 2016, 28 mai 2016, 2 mai 2016, (annexe 14)

–         Courriers à Mr le Préfet de la Haute-Garonne du 7 juillet 2016 et sa réponse du 28 novembre 2016, ( annexe 15)

–         Courrier du 7 juillet 2016 à M. l'architecte en chef des bâtiments de France de la Haute-Garonne, ( annexe 16)

–         Analyse financière du B.E.I.C. ( annexe 11)

–         Marché public pour la délégation du Casino,

–         Marché de maîtrise d'œuvre relatif à ce projet, ( annexe 7)

–         D.S.P signée en juin 2016, (voir dossier d'enquête)

–         Demande de modification du plan de redressement de la SFC, octobre 2015 ( annexe 8)

–         Jugement du Tribunal de Commerce de Paris, 9 mars 2017, ( annexe 9)

–         Bilans 2015 et 2016 de la SFC,  accessibles sur internet)

–         Business plan de la filiale luchonnaise de la SFC, ( annexe 2)

–         Etude sur l'endettement de la commune de Luchon. ( annexe 10)

–         Article sur l'importance d'une maison de Santé à Luchon.  – annexe 17).

 

On peut constater que notre inquiétude, comme celle des luchonnais, est largement fondée.

 

 

C'est pourquoi nous avons souhaité relever ici les graves défaillances que présente la SFC pour assurer la viabilité de ce projet.

S'y ajoutent les incohérences de procédure et les problèmes juridiques et administratifs que pose ce projet.

A ces derniers s'additionnent les aspects techniques nombreux et réglementaires.

 

Remarquons enfin que l'établissement thermal est un lieu dédié à la santé, que Luchon est en manque de médecins et a besoin d'une « maison de Santé ».

Les Thermes sont donc le lieu privilégié où une telle maison de santé devrait être créée à la place d'un casino, comme nous le proposons dans l'article joint en annexe 17.

 

Si le projet devait malgré tout avancer, nous resterons très vigilants au respect de toutes les règles de protection et aux normes qui devront être appliquées.

Mais avant cela, nous mettrons en œuvre tous les moyens légaux à notre disposition pour faire arrêter ce projet qui trouve une réelle opposition dans la majorité de la population luchonnaise.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l'expression de ma haute considération.

 

Eric Azémar

Président.

 

 

 

 

 

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