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La décapitation des statues du monument des 3 maréchaux à Saint-Gaudens, Foch, Joffre et Gallieni a ému les habitants du Comminges.

 Décapités lâchement un soir de décembre 2018, ils ont retrouvé le 8 mai 2019, jour de célébration de la fin de la seconde guerre mondiale, leur intégrité lors d’une cérémonie sobre marquant la restauration du monument.

L’Etat, le département, la commune ainsi que les associations d’anciens combattants pour lesquelles Christian Monbrun, président du souvenir Français, a mutualisé les différents dons, ont participé au financement de la remise en état du monument. Des particuliers ont également fait des dons prouvant l’attachement des Commingeois à ce monument.

C’est l’entreprise Bouvier spécialisée dans les monuments historiques qui a procédé à la restauration des têtes, certaines étaient très dégradées, tout en en solidifiant l’assemblage. Les dégradations appartiennent au passé et ne se voient absolument plus.

Je voudrais à cette occasion rappeller qui était le maréchal Gallieni dont la statue orne le monument des 3 maréchaux de Saint-Gaudens. Ami de mon arrière-grand-père, vétérinaire à Ore, il venait dans la maison de famille alors qu’il était commandant.

Le maréchal Galliéni est né le 24 avril 1849 à Saint-Béat où l’on peut voir sa maison natale et sa statue. Il est le fils d’un officier d’infanterie naturalisé français né en italie. Républicain sans faille, il parlait plusieurs langues.

Saint-Cyrien, (il a intégré l’école spéciale militaire an 1868), le sous-lieutenant  Joseph Simon Gallieni reçoit son baptème du feu avec son régiment d’infanterie de marine, sur le front des Ardennes, à Bazeilles en 1870 dans la guerre contre la Prusse. Blessé et fait prisonnier il sera envoyé en captivité en Allemagne d’où il ne rentrera qu’en mars 1871. Mon grand-Père officier vétérinaire (réservite), ayant répondu à l’appel de Gambetta, connaîtra lui la défaite au sud d’Orléans.

Promu lieutenant au 2e régiment d’infanterie de marine en 1873, il embrasse rapidement une carrière coloniale,  il s’embarque pour l’île de la Réunion où il restera trois ans. Son gouvernorat, empreint d'humanisme, intègre étroitement l'homme à la mise en valeur du pays.

Le 11 décembre 1876, Gallieni obtient son envoi aux tirailleurs sénégalais et s’embarque le 20 pour Dakar, où il prend part à diverses expéditions militaires et explorations. Il est promu capitaine en 1878. Fin mars 1880, il arrive à Bafoulabé, au Soudan où il conclut un traité avec les chefs locaux et établit un protectorat de la France. En 1881, au Niger, il négocie avec le sultan Ahmadou le traité de Nango accordant à la France le commerce du Haut-Niger.

Après une mission en Martinique, il occupera les fonctions de gouverneur-général du Soudan français de 1886 à 1891. Le général Gallieni, l'homme du Soudan, rejoindra ensuite le Tonkin (1892-1896), puis Madagascar (1896-1905). Il administre avec habileté les territoires conquis. Le maréchal Lyautey, lui-même, l'admire.

Le 8 août 1899 il est promu général de division. À son retour définitif en France, en 1905, il a encore dix années devant lui avant la retraite. Il les consacre à préparer « la Revanche ». Gouverneur militaire de Lyon et commandant du 14e corps d’armée dès son retour, grand-croix de la Légion d'honneur le 6 novembre 1905, il est appelé au Conseil supérieur de la guerre le 7 août 1908 et reçoit également la présidence du Comité consultatif de défense des colonies. Pressenti pour devenir commandant en chef de l'Armée française en 1911, il décline l'offre pour la laisser à Joseph Joffre, qui avait été l’un de ses adjoints à Madagascar, en prétextant son âge et sa santé. 

Il prend sa retraite en avril 1914, mais il est rappelé en août après le déclanchement de la première guerre mondiale et est nommé Gouverneur de Paris. Il contribue à la victoire de la Marne (Les taxis de la Marne qui ont permis d’envoyer des renforts à la 6e armée du général Maunoury sur l’Ourcq, c’est lui) avant de devenir un très efficace ministre de la Guerre en 1915. Durant son ministère il accomplit malgré la maladie un labeur écrasant. Il a la claire vision du bénéfice que tireraient les Alliés de l'ouverture du front balkanique. Il s'oppose à l'expédition des Dardanelles, mais il n'est pas écouté. Il alerte le grand quartier général, le 16 décembre 1915, des menaces sérieuses qui pèsent sur Verdun et prescrit un renforcement des défenses. Le généralissime n'en tient pas compte et, le 21 février 1916, les Allemands se ruent à l'attaque de la forteresse désarmée.  Miné par la maladie, épuisé par quarante-huit années de service et de campagne, il obtient d'être relevé de ses fonctions le 16 mars 1916 après avoir jeté ses dernières forces dans son « testament », terrible note sur le haut commandement. Le 27 mai, il expire à l'hôpital auxiliaire n° 17 de Versailles.

Homme de caractère, Gallieni refuse d'être inhumé aux Invalides et demande à reposer près de sa compagne qui l'a quitté le 27 juillet 1914 au moment où il est appelé à Paris et sur la tombe de laquelle il n'a même pas eu le temps de se recueillir.

Le peuple de France lui rend hommage par un défilé immense, témoignage de la gratitude de la foule qui mesure ce qu'elle lui doit. Il est inhumé au cimetière de Saint-Raphaël.

Il sera fait maréchal de France à titre posthume en 1921.

                                                                                      Colonel Pierre Fourcadet

Photo : Michael Handelman

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