DE L'IMPORTANCE D'UNE MAISON DE SANTÉ PLURIPROFESSIONNELLE AUX THERMES DE LUCHON.

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luchon thermes

Au sein de notre association Luchon Vallées Avenir (ALVA), la réflexion est partie du constat que la population médicale de Luchon est vieillissante de même que la population locale dont les besoins de santé augmentent avec l'âge moyen de celle-ci.

D'ici 5 ans à 10 ans la plupart des généralistes et des spécialistes exerçant à Luchon auront pris leur retraite. En effet l'ensemble des médecins thermaux de Luchon ont 57 ans ou plus.

Or, sans médecin pour assurer la continuité du service médical que deviendront les thermes de Luchon et l'économie locale qui en découle ?

 

Quels sont les besoins annuels de la population locale, touristique et thermale en termes

de nombre de consultations médicales ?

–          Environ 4 à 6 consultations annuelles pour les malades chroniques, les enfants, pour une population locale de 5500 habitants en 2014 soit environ 20000 consultations annuelles en considérant qu'une moitié seulement de cette population consulte.

–          A ces besoins locaux s'ajoutent les consultations répondant aux besoins des touristes nombreux en périodes de vacances scolaire, pratiquant, en hiver comme en été des activités à risque de traumatisme : ski, patinoire , randonnée en montagne, vtt etc…

            Ces consultations « touristiques » représentent en période de vacances au moins 5        consultations journalières chez chacun des médecins généralistes.

–          Il faut aussi compter les consultations thermales sur une base de 11000 curistes annuels soit 33000 consultations.

 

Quelle est la situation actuelle en termes d'offre de soins médicaux sur le canton de Luchon :

-14 médecins thermaux prennent en charge les 11000 curistes annuels,

– parmi eux 6 sont généralistes et exercent aussi en médecine générale répondant aux besoins de la population du canton et des touristes de passage.

– un seul généraliste exerce actuellement la médecine générale de façon exclusive

 

Si l'on reprend la balance entre demande de soin et offre de soin on constate que le généraliste qui exerce aussi en médecine thermale doit prendre en charge annuellement en 2017 :

– 3300 consultations thermales

– 200 consultations environ pour la population touristique      

– 5000 consultations de médecine générale pour les populations locales

soit un total d'environ 8500 consultations annuelles ce qui représente une charge annuelle de travail de l'ordre de 2125 heures de travail par an.

 

Que souhaitent maintenant le peu de jeunes diplômés qui cherche à s'installer ? (la plupart choisissent en effet d'exercer leur activité en tant que remplaçant ce qui leur offre souplesse d'horaire et une rémunération plus intéressante avec très peu de charge)

 Ce qu'ils veulent :

– Idéalement un travail en groupe pluri-professionnel réunissant dans un même lieu plusieurs médecins généralistes capables de se remplacer mutuellement, infirmières et infirmiers, kinésithérapeutes, chirurgiens dentistes, psychologues, orthophonistes.

– Des locaux adaptés à ce type d'exercice avec une accessibilité handicapé, bien desservis avec des places de parking réservés et gratuites pour les consultants.

– Un loyer modéré voire pas de charge au moins les 5 premières années d'exercice

– Un appartement sur place pour pouvoir loger un remplaçant.

– Le moins éloigné possible des hôpitaux généraux et des CHU Toulousains.

– Ces jeunes diplômés veulent pouvoir aussi profiter d'une vie de famille dans un environnement adéquat permettant au conjoint de trouver sur place du travail.

– Pouvoir avoir 5 semaines de congés par an soit travailler 47 semaines par an maximum.

– Ne pas dépasser 100 consultations par semaine soit 4700 consultations annuelles.

– La plupart souhaite un salariat.

 

Ce dont ils ne veulent plus :

– Etre isolé dans un cabinet en ville.

– Travailler plus de 35 heures par semaine comme la génération actuelle qui travaille plutôt 50 heures par semaine.

– Avoir des charges d'investissement lourdes tel que l'achat d'un local professionnel ou un loyer trop élevé (certaines maisons médicales pluri-professionnelles offrent gratuitement aux jeunes de s'installer).

– Avoir des gardes de nuit ou de week-end trop nombreuses.

 

Une ville qui ne répondrait pas à ces critères d'installation n'aurait aucune chance d'en attirer un seul.

Or, d'ici 10 ans, ne serait-ce que pour maintenir l'activité actuelle au vue des exigences des jeunes généralistes susceptibles de s'installer, il faudra attirer au moins 12 jeunes généralistes (aucun spécialiste ne cherchant plus à exercer la médecine thermale).

 

Au terme de cette réflexion il apparait que Luchon a du souci à se faire concernant l'offre médicale car elle cumule plusieurs handicaps aux yeux des jeunes diplômés:

Population médicale âgée proche de la retraite : d'ici 7 à 10 ans la plupart des médecins exerçant à Luchon auront pris leur retraite et si des jeunes ne viennent pas s'installer les quelques médecins qui exerceront encore auront des conditions de travail tellement incompatibles avec une qualité de vie qu'ils risquent fort de jeter l'éponge et dévisser leur plaque pour aller s'installer ailleurs dans des conditions d'exercice plus sereine.

Les Jeunes diplômés, en grand partie des femmes, sont  exigeant en matière de qualité d'exercice.

Il ya de nombreuses possibilités d'installation plus proche de Toulouse qui draineront en priorité les jeunes prêts à s'installer.

– Situation très délicate sur le plan de la démographie médicale aussi à Saint Gaudens. Ville qui rentrera forcément en concurrence avec Luchon pour attirer les jeunes avec un gros avantage que représente la présence de l'hôpital et la plus grande proximité de Toulouse.

Mauvaise desserte de Luchon en termes de transport.

Peu d'activité à proposer à l'éventuel conjoint.

 

Mais Luchon et ses thermes gardent aussi des atouts forts qu'il faut valoriser aux yeux des jeunes diplômés :

– Cadre naturel exceptionnel apte à combler de jeunes médecins sportifs aimant la montagne.

– Activité thermale plus rémunératrice que la médecine générale.

– Proximité du centre de rééducation fonctionnelle qui dispose d'un service de radiologie relié au service de radiologie de l'hôpital de Saint Gaudens

– Tour de garde organisé maintenant de façon satisfaisante (nous y reviendrons dans un autre article).

– Présence d'un Lycée sur place pour les études des enfants.

 

Aussi faut-il très rapidement envisager un projet réaliste de maison pluri-professionnelle au sein même ou à proximité immédiate de l'établissement thermal pour pouvoir espérer :

–          Répondre aux besoins du thermalisme médical qui, dans un avenir proche, sans médecin s'effondrerai (on l'a déjà vu à chaque départ en retraite de médecins thermaux non remplacé).

–          Regrouper les professionnels de santé en un même lieu facilement repérable et accessible à la population locale, thermale et touristique.

–          Attirer de jeunes médecins afin que la relève puisse être assurée en leur proposant une offre répondant en tous points à leurs propres critères d'installation.

 

Il est nécessaire pour cela que la municipalité ainsi que la société médicale de Luchon (qui regroupe tous les médecins thermaux) s'associent aux médecins généralistes locaux, aux différents professionnels de santé pour lancer un appel au regroupement des professionnels au sein d'une même structure dans des conditions d'exercice aptes à séduire de jeunes diplômés.

Il en va de la survie économique de Luchon qui sans médecin et sans le revenu du thermalisme médical aura beaucoup de mal à rester attrayante.

 

Pierre FOURCADET et Etienne PETIT.

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1 commentaire

VIC Christiane | 1 novembre 2018 à 16 h 13 min Répondre

Ces médecins quand ils seront arrivés à l’âge de la retraite, connaitront des confères plus jeunes qui les soigneront.
Les patients qui ne sont pas dans le monde médical, n’auront que leurs yeux pour pleurer, ou finir leur vie sans soins.
après tout, ils sont vieux et dérangent, voilà mon état d’esprit pour le moment, car c’est ce qui arrive à mon couple.
Je croyais que c’était un métier certes avec des années d’étude, mais choisi par vocation.Pas comme l’ouvrier qui se trouve
qui se trouve dans une usine à la chaîne, car il n’a pas les moyens de se payer des études.

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